La Montagne – article paru le 21 Juillet 2019

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50 ans

La Lune continue de fasciner les astronomes amateurs d’Auvergne et d’ailleurs

 

La Lune continue de fasciner les astronomes amateurs d'Auvergne et d'ailleurs

Eclipse Partielle de Lune, Aydat, le 17/07/2019 Photo R Brunel © Richard BRUNEL

Elle n’a pourtant plus vraiment de secrets pour nous, surtout depuis le 21 juillet 1969. La Lune continue pourtant de fasciner les astronomes, et pas seulement eux.

« Ouf ! Le soupir de soulagement a précédé le cri d’enthousiasme : deux hommes sont sur la Lune et l’extraordinaire voyage qu’ils ont fait depuis le Terre s’est effectué sans incident. »

C’est ainsi que débute, en première page de La Montagne du lundi 21 juillet 1969, le récit de l’incroyable aventure : pour la première fois, deux hommes ont marché sur la Lune.


Alors que Neil Armstrong, qui pilotait le LEM aux pattes d’araignée, annonçait « Houston. Ici la base de la Tranquillité. L’Aigle s’est posé », Gérard Coute était à Dore-l’Eglise devant un téléviseur, petit cube qui retransmettait comme par magie des images en noir et blanc tournées à près de 400.000 km de l’Auvergne – autre exploit technique considérable.

« Se dire que  des hommes ont marché sur la Lune que l’on voit, là, dans le ciel. Pfft. »

Scotché devant l’écran des grands-parents, le président de l’Association des astronomes amateurs d’Auvergne (la « 4 A ») avait donné congé à sa petite amie… qui deviendra malgré tout son épouse :

« La définition n’était pas terrible et j’essayais de comprendre ce que je voyais. À un moment, ça s’est mis à bouger : c’était Armstrong qui descendait de son échelle. »
Cinquante années plus tard, l’homme qui photographie la Lune depuis son jardin de Châteaugay raconte cette histoire, un soir d’éclipse partielle (mardi 16 juillet), devant un public qui a gardé la tête dans les étoiles.
« C’est un truc complètement fou quand on y pense, témoigne Renée, venue du Cendre jusqu’à Aydat, ce soir-là. À l’époque, on écoutait ça sur le poste de radio et cela nous paraissait infaisable. Se dire que des hommes ont marché sur la Lune que l’on voit, là, dans le ciel. Pfft. »

Observer la Lune, un plaisir intact

Observation de la Lune, le jour de l’éclipse partielle, le 16 juillet. Photo R Brunel

On estime que 600 millions de téléspectateurs, sur une population de 3,6 milliards d’habitants, ont suivi la retransmission du succès de la mission Apollo-11.

« Je m’étais levé à 3 heures, j’avais 22 ans, raconte un Auvergno-lorrain, tout en suivant l’éclipse et le passage de l’ISS dans le ciel d’Aydat. C’était… Je ne veux pas dire impensable mais c’est presque ça. »

Tous ceux qui étaient en âge de se souvenir savent où ils étaient ce jour-là, le dimanche 20 juillet au soir. Mais il n’est pas nécessaire d’avoir veillé jusqu’à à 3?h?56 (heure française), quand Armstrong posa son pied gauche sur le sol lunaire, pour s’émerveiller cinquante années plus tard.

« Elle est toujours aussi fascinante »

Soraya Bouhours est bien trop jeune. « Quand on débute en astronomie, on commence par la Lune : elle est facile à trouver dans le ciel », explique-t-elle. Membre de la « 4 A », la jeune femme observe souvent l’objet céleste qui nous est le plus familier : « Même si on connaît toutes les mers, elle est toujours aussi fascinante. »

Surtout ce soir d’été, quand la Lune, le Soleil et la Terre s’alignent, offrant le spectacle de la disparition progressive du satellite lunaire.

« C’est toujours magique et cela existe depuis la nuit des temps. Aujourd’hui, on sait comment cela arrive : mais imaginez il y a 2000 ans, quand on voyait la pleine Lune disparaître petit à petit, cela devait être… effrayant?!  »

«  Pour un astronome, c’est par la Lune que tout commence »

Entre les Hommes et la Lune, c’est bien plus qu’une affaire de scientifiques. Gérard Coute a passé des heures et des heures à l’observer. Il ne cesse de la photographier.

« On sait beaucoup de choses sur la Lune, ce n’est plus mystérieux. Je sais que je ne vais rien apporter à la science mais il reste le plaisir de se lever à 3 heures du matin pour avoir la bonne orientation. J’en ai fait un bouquin, Clair de Lune. J’ai aussi fait un livre d’images de petits objets lunaires. »

Eclipse partielle de Lune, depuis Aydat, le 16 juillet 2019 Photo Richard Brunel

« C’est notre satellite, explique Luc Bourdin, passionné de photo, de nature et membre de la 4A. Pour un astronome, c’est par la Lune que tout commence. Cela reste un objet passionnant. Observer tous ses cratères, cela conduit ensuite à observer le ciel, c’est comme cela que l’on nourrit son imaginaire. »

Y retourner, c’est une hypothèse que n’exclut pas le président de la 4A :

« C’est intéressant d’y retourner pour confirmer certaines théories, sur l’eau en particulier. Puis ce sera nécessaire pour aller sur Mars, on fera un camp de base sur la Lune. Mais tout dépend de la volonté politique, c’est uniquement pour cela que les Américains sont allés sur la Lune. »

S’ils y vont, eux ou d’autres, combien serons-nous devant les écrans?? 

Eclipse partielle de Lune, depuis Aydat, le 16/07/2019 Photo R Brunel

Philippe Cros